Le nom Ebolavirus, ou plus communément virus Ébola, provient du nom d’une rivière passant près de la ville de Yambuku, en République démocratique du Congo. C’est à l’hôpital de cette localité que fut identifié pour la première fois le filovirus, lors d’une épidémie qui débuta le . La fièvre Ébola est une fièvre hémorragique foudroyante qui s’attaque à l’humain et aux autres primates, principalement transmise par la chauve-souris.
Son apparition chez l’homme semble récente (premier cas recensé en
1976) bien que l’on retrouve chez certaines populations africaines des
traces d’anticorps. Comme le virus Marburg, le virus Ebola appartient à la famille des filoviridae. Ce sont des virus à ARN de forme filaire (d’où le nom de la classe). Son génome contient sept gènes qui codent sept protéines différentes. On a identifié 5 souches différentes :
Les deux premiers sont responsables de la quasi-totalité des cas humains. Le virus philippino-américano-africain semble être transmissible à l’homme mais sans donner de signes cliniques. L’origine des épidémies se fait par le biais des grands singes
de la forêt équatoriale ; ceux-ci sont contaminés par des fientes ou
des morsures de trois espèces de chauves-souris frugivores (réservoir sain)
qui sont porteuses du virus sans en présenter les symptômes. Les
habitants des zones frontalières à la forêt vivent en grande partie de
la chasse des grands singes, voire des chauves-souriS ; ils sont contaminés par le sang de leur gibier, voire en chassant directement les chauve-souris comme l’Hypsignathus monstrosus pour les manger. Le réservoir naturel potentiel du virus Ébola pourrait être chez des chauves-souris, notamment l’espèce de la roussette d’Égypte. Des anticorps du sous-type Zaïre ont été détectés dans le sérum de trois espèces de chauves-souris frugivores tropicales : Hypsignathus monstrosus, Epomops franqueti15 et Myonycteris torquata.
Les résultats des recherches prouvent aussi la présence de séquences
d’ARN viral dans le foie et la rate de ces mêmes petits mammifères
volants. Le virus n’a cependant jamais été retrouvé chez ces animaux.
Cette présence démontre que ces chauves-souris sont porteuses du virus
sans pour autant être malades, les désignant alors comme réservoir
naturel potentiel du filovirus Ébola. Jusqu’à présent, on pensait que
les chauves-souris contaminaient d’abord un autre animal avant que le
virus n’atteigne les populations humaines. Elles peuvent cependant
contaminer directement les humains. En effet, selon l’IRD, dans certaines circonstances, des chauves-souris pourraient directement transmettre Ébola à l’homo sapiens. Les porcs domestiques sont sensibles aux virus Ébola Zaïre (par infection des muqueuses).
Ils développent alors une maladie respiratoire grave (pouvant être
confondue avec d’autres maladies respiratoires porcines), associée à une
effusion de charge virale élevée dans l’environnement, exposant les
porcs sains à l’infection
Modes de transmission
La transmission par contact direct avec
les liquides organiques (sang, sperme, excrétions, salive) d’une
personne infectée est la plus considérable de toutes. Les risques de
propagation chez le personnel hospitalier sont très élevés,
particulièrement si la stérilisation du matériel n’est pas assurée. Dans
les zones endémiques, des manques en matière d’hygiène et de sécurité
ont causé la mort de plusieurs médecins et infirmières lors d’épidémies
et favorisent les contaminations nosocomiales. La transmission du virus peut aussi
s’effectuer par contacts étroits du malade avec ses proches. On entend
par contacts étroits des contacts directs avec les liquides organiques
d’une personne infectée, qu’elle soit vivante ou décédée. Les rituels
funéraires de certaines populations d’Afrique centrale, consistant à
laver le corps, puis à se rincer les mains dans une bassine commune, ont
souvent favorisé la propagation du virus à travers la famille et les
amis du défunt. Des cas de transmission par le sperme se sont déjà
produits jusqu’à sept semaines après la guérison clinique du malade. La
transmission peut se produire chez des personnes ayant manipulé des
primates infectés par le virus, morts ou vivants. Sous des conditions
expérimentales, le virus arrive également à se propager par des
gouttelettes ou des particules aérosol.
Symptômes
La fièvre hémorragique Ébola se caractérise par une soudaine montée de fièvre accompagnée d’asthénie, de myalgie, de céphalées ainsi que de maux de gorge. Débutent ensuite les diarrhées, les vomissements, les éruptions cutanées et l’insuffisance rénale et hépatique. Des hémorragies
internes et externes surviennent ensuite, suivies du décès par choc
cardio-respiratoire dans 50 à 90 % des cas. Les signes hémorragiques
peuvent être très frustes à type d’hémorragies conjonctivales. Elles
peuvent aussi être profuses à type d’hématémèse et de melæna.
La contagiosité des malades est donc très variable bien qu’il ne
suffise que de 5 à 10 particules virales d’Ébola pour déclencher une
amplification extrême du virus dans un nouvel hôte. Le décès survient dans un tableau de choc
avec défaillance multi-viscérale, au bout de 6 à 16 jours. Les cas non
mortels peuvent entraîner des séquelles neurologiques, hépatiques ou
oculaires. Le virus zaïrois semble plus dangereux que le virus
soudanais, avec une mortalité atteignant de 60 à 90 % des cas.
Traitement
Il n’existe aucun traitement curatif et l’évolution est fatale dans 50 à 90 % des cas. Un vaccin
vivant atténué expérimental donne des résultats encourageants chez le
singe. Il a été administré en mars 2009 à un chercheur travaillant sur
le virus et qui s’était accidentellement contaminé. L’évolution en a été
favorable. D’autres pistes sont en cours d’exploration chez l’animal : utilisation d’une protéine inhibitrice d’un facteur de la coagulation ou inhibition de l’ARN polymérase viral par des ARN interférents.
Précautions
L’imposition de la quarantaine,
l’interdiction d’aller dans les hôpitaux, la suspension de la pratique
des soins aux malades et des funérailles ainsi que la mise à l’écart des
malades dans des huttes séparées qui sont désinfectées (de l’eau de
javel à deux semaines d’intervalle suffit), parfois brûlées après la
mort de leurs occupants, permettent d’endiguer les épidémies. Sur le
terrain, il n’existe toujours pas de mesure plus sécuritaire si ce n’est
le port du filtre à air. Les recherches en laboratoires doivent
être menées au sein d’installations de confinement de niveau de
biosécurité 4. Les laboratoires de niveau 4 sont entièrement autonomes
et possèdent un système de ventilation spécialisé, un sas d’entrée et de
sortie, des enceintes de protection biologique de classe III, etc. Les
procédures sur la stérilisation et la décontamination y sont
rigoureusement appliquées et les employés revêtent une combinaison
pressurisée. En Europe, le premier laboratoire à recevoir l’autorisation de travailler sur Ébola, en l’an 2000, fut le laboratoire P4Jean Mérieux, à Lyon (France). Aux États-Unis, la NIH finance à partir de 2012 pour une durée de 5 ans l’institut Albert Einstein College of Medicine afin d’étudier les mécanismes moléculaires de l’infection du virus et sa diffusion chez l’animal.
Deux malades mentaux se livrent à des
ébats sexuels en pleine rue. Des badauds s’amassent, regardent, rient,
prennent des photos. L’information circule depuis quelques jours sur le
net avec plus d’une dizaines de photos d’illustration montrant le pauvre
couple sous de multiples angles. L’hilarité est générale autour de ce
fait insolite. Certains en profitent même pour lancer de petites piques
aux homosexuels “même les fous savent qu’on doit le faire entre
personnes de sexes opposés.” Je trouve la situation plus triste
qu’amusante.La prise en charge des malades mentaux
est un vrai problème dans nos pays. Selon un article publié sur le site
de Jeune Afrique, la Côte d’Ivoire compte à peine 40 psychiatres pour 22
millions d’habitants. Effets collatéraux de la drogue, sorcellerie,
traumatisme lié à la guerre, les causes sont multiples. Les malades sont
livrés à eux-même, déambulant dans les rues, sans assistance des
parents ou de l’Etat. Quant aux femmes en particuliers, elles se
retrouvent à la merci de n’importe quel homme un peu zélé, et peut-être
un peu fou lui même, qui abuse d’elle et leur laisse parfois en souvenir
une grossesse.
Le plus souvent la préhistoire et protohistoire du Sénégal évoquent avant tout les cercles mégalithiques de Sénégambie ou les amas coquilliers artificiels, tels ceux de l'île de Fadiouth.
Pendant la préhistoire, la présence d'un peuplement assez ancien est
estimé très antérieure à l’ère chrétienne. Des bifaces en amande du paléolithique inférieur ont été découverts dans la presqu'île du Cap-Vert, ainsi que d'autres objets en pierre plus élaborés (hachereaux, racloirs) dans la région de Rufisque et au bord des rivières du Sénégal oriental.
Au néolithique, l'outillage se diversifie et la céramique fait son
apparition. Les fouilles menées dans les régions côtières ont mis au
jour des restes de cuisine qui témoignent d'une importante population de
pêcheurs et commerçants (marigot de Khant dans le delta, embouchure du Saloum).
La métallurgie se développe à l'époque protohistorique (premier millénaire avant J.-C.), où l'on retrouve des tombeaux en forme de tumulus. Dans le centre du pays, débordant sur l'actuelle Gambie, on trouve un ensemble de cercles de mégalithes sur un secteur de 100 km sur 250 km. On retrouve ce type d’alignement dans le nord est de la république centrafricaine.
Les peuplements se sont progressivement consolidés pour aboutir à la création des premiers royaumes qui se forment au VIIe siècle, les Toucouleurs fondent le Tekrour, le Royaume du Namandirou, puis le Djolof, avec de lointaines parentés avec l'empire du Ghana. Parmi les différents royaumes, le plus puissant au XIVe siècle était l'empire du Djolof qui regroupait le Cayor, le Baol, les royaumes sérères du Sine et du Saloum, le Waalo, le Fouta-Toro et le Bambouk. Au sud du pays, l'État du Kaabu, puis le Fouladou.
Le Djolof était un empire fondé par Ndiadiane Ndiaye, premier bourba (roi) djolof. Il avait été élu comme chef dans ce qui allait devenir le royaume du Oualo, au nord-ouest de l'actuel Sénégal, dans la région du fleuve. Il avait réuni toutes les populations d'ethnie wolof pour fonder cet empire au XIIIe siècle. L'empire s'effondra en 1549, avec la mort du dernier empereur du Djolof, Lélé Fouli Fak, tué par Amary Ngoné Sobel Fall, alors chef de la région du Cayor.
Le Djolof est resté vassal de l'empire du Mali
pendant un siècle. À partir de là, les autres États allaient, tour à
tour, prendre leur indépendance jusqu'à réduire le grand empire du
Djolof aux dimensions d'une royauté dans la partie centrale du pays.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle,
les colons français annexèrent progressivement tous les royaumes du
Sénégal. Le Djolof fut le dernier royaume annexé avec le départ en exil
de Alboury Ndiaye, sous l'impulsion de Louis Faidherbe.
L'islam est introduit au Sénégal pour la première fois entre le VIIIe siècle et le IXe siècle par le biais des commerçants arabo-berbères. Ils diffusent pacifiquement cette religion et convertissent les Toucouleurs, lesquels la propageront partout au Sénégal. Plus tard, au XIe siècle, les Almoravides, aidés des Toucouleurs, tentent d'islamiser les groupes de religion traditionnelle par le Djihad. C'est l'une des raisons qui entraîne la migration des Sérères vers le Sine-Saloum, des Wolofs, des Peuls et des Mandingues, qui étaient tous concentrés au Tekrour.
Une légende populaire, chantée par les griots et illustrée par le
poète-président Senghor, rattache d'ailleurs la filiation du premier
Bourba Djolof Ndiadiane N'Diaye à la dynastie des Almoravides (fondatrice de Marrakech et responsable de l'attaque repoussée par le célèbre « Cid »). L'islam se propage très tôt dans l'empire du Djolof. Mais c'est au XIXe siècle qu'il gagne véritablement l'ensemble des populations, pacifiquement, grâce aux marabouts et leurs confréries tels que El Hadji Malick Sy pour la tidjaniya ou Amadou Bamba, fondateur de la confrérie mouride,
qui émerveillent les populations par leur érudition et leurs miracles.
C'est également un moyen pour les populations de s'unir et se protéger
contre les ravages que connaissent les royaumes au XIXe siècle (djihads répétés, colonisation forcée).
Le XIXe siècle
est en effet marqué par la chute des royaumes, l'avancée des colons
européens ainsi que par la résistance anticoloniale, illustrée par des
personnages tels que Aline Sitoe Diatta, Sidya Ndaté Yalla Diop, El Hadj Oumar Tall, Mamadou Lamine Dramé, Bouna Alboury Ndiaye, Alpha Molo Balde, Maba Diakhou Ba, Ndeté Yalla Mbodj, Moussa Molo Balde, Djignabo Badji, Lat Dior... La religion catholique se diffuse avec les missionnaires européens à partir du XIXe siècle, en particulier au Sine et en Casamance
La conquête coloniale commence dès la découverte de ces terres en 1442 par le navigateur vénitien Cadamosto pour le compte du Portugal. Les Portugais se lancent alors rapidement dans la traite des Noirs, mais devront bientôt faire face à la concurrence des négriers britanniques, français et hollandais à travers le Commerce triangulaire.
Les Hollandais fondent un comptoir sur l'île de Gorée, la France établit en 1659 celui de Saint-Louis qui deviendra la première capitale du Sénégal. En 1677, les Français occupent à leur tour l'île de Gorée (un des principaux centres du commerce des esclaves avec Saint-Louis et le fort de l'île James en Gambie).
La seconde République de 1848 crée un mandat de député pour Saint Louis. L'ordre colonial s'impose avec Faidherbe, gouverneur du Sénégal (territoire des Quatre Communes) de 1854 à 1861 et de 1863 à 1865, qui jette les bases de la future Afrique-Occidentale française
(AOF). Respectueux des coutumes indigènes, il étend l'influence
française très au-delà du Sénégal, travaille à développer l'économie
locale et créé le port de Dakar. La troisième République consacre le statut des quatre communes à Saint-Louis, Gorée, Dakar et Rufisque, puis, sous l'influence du député noir Blaise Diagne, un statut particulier pour les habitants de ces communes est établi en 1916. Ces dernières envoient des conscrits pendant les deux conflits mondiaux (les tirailleurs sénégalais). En 1919, certains troubles agitent Dakar. Le tirailleur Cheikou Cissé, né au Soudan français et blessé pendant la guerre, est condamné à la peine de déportation perpétuelle et envoyé au bagne de Nouvelle-Calédonie. Mort en 1933, il a fait l'objet d'une lutte de la part des milieux anticolonialistes français (dont le Secours rouge international et la SFIC communiste).
Après Saint-Louis, Dakar devient, en 1902, la capitale de l'Afrique-Occidentale française, l'une des colonies françaises.
En janvier 1959, le Soudan français (actuel Mali) et le Sénégal fusionnent pour former la Fédération du Mali, qui devient complètement indépendante le . Cette indépendance est la conséquence des transferts de pouvoirs convenus dans l'accord signé en France le . Cette date est considérée comme le jour officiel d'accession du Sénégal à l'indépendance.
Le , le Sénégal se retire de la fédération du Mali et proclame son indépendance.
Le Sénégal et la Gambie s'unissent en 1982 pour former la Confédération de Sénégambie, mais celle-ci ne fut que théorique et n'a jamais été mise en application. Elle est finalement dissoute en 1989.
Des affrontements ont lieu depuis 1982 de manière intermittente entre les séparatistes installés dans le sud de la Casamance et les forces gouvernementales. Après plusieurs tentatives infructueuses, un nouvel accord a été signé à Ziguinchor le 5 entre le ministre de l'Intérieur Ousmane Ngom et l'abbé Augustin Diamacoune Senghor, chef de la rébellion du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC).
Un autre foyer de conflit entre des Casamançais et la Guinée-Bissau s'est développé en avril 20076.
En 1989, la Mauritanie et le Sénégal ont rejeté violemment et respectivement les communautés du pays voisin
alors que la plupart étaient nés depuis longtemps dans leur nouveau
pays d'adoption et s'étaient bien implantés dans le tissu social et
économique. Selon le HCR, des réfugiés sont toujours établis le long du
fleuve Sénégal7.
En 2007, le président de la Mauritanie a déclaré lors de sa campagne,
être en faveur du retour de ses compatriotes vivant au Sénégal et au
Mali contre leur gré8. À la fin des années 1990, les "compagnies juniors" canadiennes, investies dans plus de 8000 propriétés minières, dans plus de 100 pays, pour la plupart encore à l'état de projet9
multiplient les contrats avec des pays africains parmi lesquels le
Sénégal, à Sabodola, où Mineral Deposit Limited opère en association
avec la société sénégalaise Taïf Trading1
Culture
« La culture est au début et à la fin du développement54. »
Il existe une grande diversité linguistique à travers les langues du Sénégal. La Constitution de 2001 a reconnu55 au français le statut de langue officielle et à six langues celui de langues nationales, le wolof — langue parlée par le plus grand nombre de personnes (90% des Sénégalais) même appartenant à d'autres ethnies — le sérère, le peul, le mandingue, le soninké et le diola. Cinq autres langues vernaculaires ont été promues peu après (hassaniyya, balante, mancagne, noon et manjaque),
et d'autres ajouts de langues codifiées sont en cours. Au total ce sont
près d'une vingtaine de langues qui pourraient bénéficier du statut de
langue nationale au Sénégal.
La littérature sénégalaise a longtemps été connue dans le monde surtout à travers Léopold Sédar Senghor, à la fois poète et homme d'État, chantre de la négritude et figure emblématique de la francophonie. Parmi les autres auteurs désormais classiques56 figurent notamment les romanciers Cheikh Hamidou Kane, Birago Diop, Boubacar Boris Diop, mais aussi Ousmane Sembène
qui portera à l'écran quelques-uns de ses propres romans. De leur côté
les femmes sont particulièrement actives, voire incisives. En 1980, Mariama Bâ décrit avec une grande sensibilité la société polygame dans « Une si longue lettre ». Aminata Sow Fall, dans « La Grève des Bàttu » (1986), montre que le petit peuple n'était pas dépourvu de ressources. en 1996, le poète Alioune Badara Coulibaly, proche du poète Léopold Sédar Senghor,
publie « Bon anniversaire, Sédar», rendant hommage au chantre de la
Négritude pour ses 90 ans. Ce poète est à son cinquième livre de poésie
avec le dernier intitulé « Rayons de soleil sur Saint-louis»( 2009), en
1997, la romancière Fama Diagne Sène a obtenu le Grand Prix des Lettres du Sénégal avec son roman "Le chant des ténèbres". Plus récemment, Fatou Diome rencontre le succès57 avec « Le Ventre de l'Atlantique » (2004), un roman qui met en scène, souvent avec humour, les rêves d'évasion des jeunes Sénégalais.
Tradition et modernisme, marquent l'architecture du Sénégal.
L'habitat traditionnel, sobre et fonctionnel mais plus éphémère, utilise
les matériaux locaux (pierre, terre, bois, paille), comme pour les
cases peules ou les cases à impluvium casamançaises58. La période coloniale a laissé des traces comme à Gorée ou à Saint-Louis, et ces sites figurent aujourd'hui sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Aujourd'hui, l'architecte Pierre Goudiaby Atepa a conçu plusieurs réalisations contemporaines, telle la Porte du Troisième millénaire
à Dakar. À noter aussi de nouvelles constructions telles que le tunnel
de la corniche ouest et le monument de la Renaissance Africaine,
inauguré en 2010. L'autoroute à péage est en cours d'exécution.
La styliste Oumou Sy lors d'un défilé sur le thème de la signare
Les arts plastiques ont été soutenus pendant la période où le
président poète L.S. Senghor était au pouvoir à travers le mécénat
d'état. Par la suite, ses successeurs ont eu des difficultés à
poursuivre cette politique à cause de la crise économique. Diverses
initiatives privées se sont développées afin de soutenir les artistes59. Ces arts sont à l'honneur à travers le sculpteur Ousmane Sow de renommée internationale.
La série de timbres émise sous l’intitulé « Élégance sénégalaise »
célèbre ces femmes belles et séduisantes qui impressionnaient déjà les
observateurs d’autrefois et inspiraient les poètes : femmes peules au port altier60, linguères de sang royal, signares fortunées de Sénégal ou de Gorée61.
Même avec de modestes budgets, le souci de l’apparence perd rarement
ses droits au Sénégal : boubous, coiffures et bijoux sont choisis avec
soin et fréquemment renouvelés. Qu'ils portent l'habit traditionnel ou
le costume, les hommes aussi sont attentifs à leurs tenues. En
contrepoint, les tenues décontractées de certains touristes déconcertent parfois.
Dans le prolongement des activités anciennes de tissage et de teinture, l’industrie de la mode s’est tout naturellement épanouie dans le pays, avec quelques personnalités de premier plan telles que Collé Ardo Sow, Claire Kane et surtout Oumou Sy, à la fois costumière, styliste, décoratrice et femme d’affaires au rayonnement international62.
Le cinéma sénégalais63 est l'un des plus anciens d'Afrique. Ses représentants les plus connus sont les cinéastes Ousmane Sembène — également romancier — et Djibril Diop Mambéty, auxquels il faut ajouter Tidiane Aw, ou Safi Faye,
réalisatrice de films documentaires. Ces productions sont souvent mieux
appréciées à l'étranger qu'au Sénégal où beaucoup de salles ont fermé,
concurrencées par le marché plus florissant de la vidéo. On remarque
également que nombre de films d'origines diverses ont été tournés dans ce pays au climat propice et aux paysages des plus photogéniques.
Les grands noms de la musique sénégalaise contemporaine sont : Youssou N'Dour, auteur-compositeur, musicien et interprète de renommée internationale. Baba Maal est un auteur-compositeur, interprète qui se produit internationalement ainsi que Ismael Lô auteur-compositeur, interprète Omar Pène auteur-compositeur et interprète et Coumba Gawlo Seck, auteur-compositeur. Djembé, sabar, kora, xalam, tambour d'aisselle et balafon font partie des instruments traditionnels64
toujours très populaires. Parmi les instruments de percussion, le sabar
et le Mbalax désignent à la fois l'instrument de musique, un style de
musique et une danse. Ce sont des sons typiques de la culture
sénégalaise. Thione Seck qui est un auteur-compositeur-interprète de mbalax
a su adapter la tradition et la modernité : il est apprécié par des
fans de tous âges au Sénégal. Pape Diouf et Ndongo Lô (décédé le 16
janvier 2005), Ismael Lô ( appelé Bob Dylan sénégalais)sont également
des artistes de l'univers du mbalax. Cheikh Lô, auteur-compositeur, musicien et interprète a su allier le mbalax et des influences reggaes. À noter, Viviane Ndour,
meilleure artiste sénégalaise 2006 et reine du mbalax, une des rares
artistes féminines à avoir su se faire une place. Les instruments à
corde telle que la kora connue dans toute l'Afrique de l'ouest sont à
présent connus en dehors du continent à travers des groupes de jazz ou
de world musique.
Yassa de poulet
Dans « Un grain de vie et d'espérance »65, la romancière Aminata Sow Fall met en scène la place essentielle occupée par la cuisine sénégalaise
dans la culture et la vie quotidienne du pays. La « teranga », ce sens
de l’hospitalité cher au cœur des Sénégalais, s'exprime souvent autour
d'un plat unique réunissant la famille et les amis. Relativement peu
connue à l’étranger en dehors des communautés issues de l'immigration et
de quelques restaurants de grandes villes, la cuisine sénégalaise a
attiré l'attention des médias avec la publication du livre de Youssou N'Dour, « La cuisine de ma mère »66, vibrant hommage aux valeurs familiales comme aux plats relevés et longuement mijotés.
Cette cuisine présente quelques similitudes avec celles des pays d'Afrique de l'Ouest, mais elle accueille d'autres influences, venues d'Afrique du Nord, du Liban, de France ou du Portugal. Elle fait un large usage du poisson et des céréales (riz et mil) dans les plats nationaux, comme la thiéboudienne,
le yassa de poulet, le thiéré, le maffé, la soupe kandia ou cette
préparation plus sophistiquée qu’est le mulet farci à la
saint-louisienne. Dans un pays majoritairement musulman, le thé, la tisane de kinkeliba et le bissap l’emportent sur les alcools, mais les bières locales – Flag ou Gazelle – et le vin de palme en Casamance ont aussi leurs adeptes.
Sports
Le rallye Dakar
(ou « Le Dakar », anciennement rallye Paris-Dakar) est un rallye-raid
professionnel, qui se dispute chaque année au mois de janvier,
principalement sur le continent Africain avec arrivée en banlieue de
Dakar sur une belle plage de sable face à l'océan Atlantique.
Mais suite à des morts d'enfants de villageois, la contestation est
devenue internationale grâce au CAVAD, Collectif pour les Victimes
anonymes du Dakar qui réunit des associations françaises, africaines,
portugaises, espagnoles, marocaines, maliennes, guinéennes et
sénégalaises.
Lutte sénégalaise
Le football est un sport très apprécié des Sénégalais. L'équipe du Sénégal de football, dont les joueurs sont surnommés les Lions de la Téranga, est affiliée à la Fédération sénégalaise de football et à la FIFA depuis 1962.
En 2002, au Mali, elle a manqué de peu la coupe d'Afrique face au
Cameroun en finale et demi-finaliste de l'édition 2006. Elle se qualifie
à la même année (2002) pour la phase finale de la coupe du monde de la
FIFA, organisée en Corée et au Japon. L'équipe du Sénégal bat la France
(championne du Monde et d'Europe en titre) en match d'ouverture de la
coupe du monde. Parmi les grands footballeurs sénégalais, on peut citer El-Hadji Diouf, Henri Camara, Khalilou Fadiga, Habib Beye, Tony Sylva, Mamadou Niang, Omar Daf, ou, dans le passé, Jules Bocandé, mais aussi le manager Pape Diouf, ex-président de l'OM.
La lutte sénégalaise
est une pratique ancrée dans la tradition. La lutte sénégalaise n'a
rien perdu de sa popularité, à travers des combats aussi brefs que
spectaculaires. Ce sport est incarné par d'impressionnants champions
tels que Yékini, qui, en 2005, l'a emporté sur Tyson,
un redoutable adversaire qui avait su conserver le titre pendant près
de 5 ans, mais sera battu à deux reprises par un autre poids lourd
sénégalais, Sérigne Dia, dit Bombardier.
D'importants enjeux économiques sont désormais liés à ce sport. Et les
cachets mis en jeu peuvent atteindre de nos jours près de 350 000 000
FCFA, soit 750 000 dollars. Tradition destinée à célébrer la fin des
récoltes, la lutte est devenue le sport national, détrônant même le
football. Il se pratique partout : clandestinement, sur les terrains
vagues, dans des tournois amateurs et dans des championnats
professionnels médiatisés. La version sénégalaise, « avec frappe »,
autorise les coups de poing pour surprendre l'adversaire. Les
combattants sont les héritiers d'une culture : ils se préparent en
s'aspergeant de potions concoctées selon les recommandations des
marabouts.
La boxe a connu ses lettres de gloire avec Battling Siki (1897-1925), champion du monde à 25 ans et premier Africain à remporter un titre mondial de boxe, reste dans toutes les mémoires. Plus près de nous, le Franco-sénégalais Souleymane Mbaye est devenu champion de France WBC des lourds-légers. Léonard Tavarez fut aussi champion de France des poids légers en 1969.
Le basket-ball est moins prisé que le football, c’est cependant un
sport très pratiqué, stimulé par les succès de son équipe nationale de basket-ball, les Lions du Sénégal et des joueurs tels que DeSagana Diop, Boniface N'Dong, El Kabir Pene ou Maleye N'Doye. Sans oublier les braves lionnes( Aya Traoré, Fatou Dieng, Mame Marie Sy, Ndèye Sène, Aminata Dièye, Fatoumata Django, Fatou Binetou Thiam, Bineta Diouf, Mame Diodio Diouf, Awa Guèye, Aminata Nar Diop et Coumba Sarr) qui, après la médaille d'argent au Liban aux 6e jeux de la francophonie en septembre 2009, ont remporté en octobre 2009 la 21e coupe d'Afrique des nations (CAN) jouée à Madagascar.
Les autres sports sont également bien représentés : l'équipe sénégalaise de pêche sportive
(Moussa Mbengue, Abdoulaye Kébé, Cyril Calendini, Dominique Dussaut)
est devenue championne du monde en 2002 et 2003. Séduits par des
conditions météorologiques souvent clémentes et les ressources côtières,
les visiteurs viennent nombreux pour pratiquer les sports nautiques tels que la plongée sous-marine ou le surf, et la réputation des Almadies ou de la vague de Ouakam n'est plus à faire. De son côté, l'aviation de loisir – notamment l'ULM – permet une approche inédite des paysages, dans une contrée dépourvue de vraies montagnes. Cap Skirring et le Sine-Saloum constituent alors des destinations de choix.